Vous avez peut-être vu passer des posts affirmant que les agents IA génèrent désormais plus de trafic Internet que les humains. C'est faux.

Le graphique que tout le monde cite (Cloudflare Radar) compare les bots aux humains. Pas les agents aux humains.

Et les bots ne datent pas d'hier : selon les Bad Bot Reports d'Imperva, le trafic automatisé oscille entre 47 et 50 % d'Internet depuis des années — 49,6 % en 2023 et a dépassé les 50 % en 2024.

Autrement dit : le web est déjà à moitié automatisé depuis une décennie. Les derniers chiffres Cloudflare : 57,5 % du trafic des pages web automatisé en juin 2026 et 61,8 % fin août 2026.

Alors, quelle est la vraie part de l'IA là-dedans ? Une petite minorité.

Le bilan 2025 de Cloudflare situe les bots IA identifiés à 4,2 % des requêtes de pages web. Pour comparaison : Googlebot seul pèse 4,5 %, plus que tous les crawlers IA réunis.

Mais c'est la tendance qui est intéressante.

La part IA est petite mais croît à un rythme effréné : la catégorie « user action » de Cloudflare (les agents qui consultent des pages à partir d'une demande humaine) a été multipliée par 21 entre janvier et début décembre 2025 — elle a doublé sur janvier-février, doublé à nouveau début mars, et n'a plus cessé de croître. ChatGPT-User représente à lui seul près des trois quarts de ce trafic. Celui de Perplexity a terminé 2025 multiplié par environ 3,5 par rapport au début de l'année.

Une partie du trafic agentique se cache aussi dans les 38 % « humains » car les agents qui pilotent de vrais navigateurs peuvent passer pour humains aux yeux des classificateurs (on parle de quelques pourcents, pas d'une majorité).

Donc, pour conclure, non : le trafic agentique n'est pas supérieur au trafic humain. C'est en revanche le type de trafic qui croît le plus vite aujourd'hui.

Il finira sans doute par dépasser le trafic humain un jour, c'est sûr.

Mais nous n'y sommes pas encore.